Écrit par Service de presse du Ministère de la Santé et des Sports
07-06-2009
Mort du professeur Jean Dausset, immunologue français, prix Nobel de physiologie, survenue samedi 6 juin 2009 à Palma de Majorque en Espagne.
Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, très
touchée par la mort du professeur Jean Dausset survenue hier, tient à
rappeler l'immense apport qu'a constitué la découverte du système
majeur d'histo-compatibilté qui lui valut le prix Nobel de médecine et
de physiologie en 1980.
La ministre rappelle également que cet éminent médecin avait souhaité,
dès la fin des années 1950, réunir la médecine et la recherche
universitaire. Il a ainsi, participé avec Robert Debré en 1958 à la
réforme à l'origine des centres hospitaliers universitaires dont on
reconnaît aujourd'hui la valeur indéniable dans le système de soins
français.
Né le 19 octobre 1916 à Toulouse, interne des hôpitaux de Paris, Jean
Dausset débute ses recherches au Centre National de Transfusion
Sanguine. En 1952 qu'il fait l'observation princeps d'une
leucoagglutination massive qui lui permettra de décrire en 1958 le
premier antigène leucocytaire (Mac puis HLA pour human leucocyte
antigen). Il se consacrera toute sa vie à l'étude du système majeur
d'histocompatibilité représenté par de nombreux antigènes présents à la
surface des cellules du corps, constituant un marqueur biologique du
caractère unique de chacun d'entre nous. Les conséquences de ces
découvertes sont très nombreuses. Elles ont d'abord permis les premiers
succès des greffes de moelle osseuse, à l'hôpital St Louis avec
l'équipe du professeur Jean Bernard, grâce à la meilleure connaissance
de la compatibilité entre un donneur et un receveur. Ces découvertes
ont pu ensuite, être appliquéesaux greffes d'organes. Le système HLA
intervient aussi dans la réponse immunitaire, c'est-à-dire la capacité
qu'a l'organisme de se défendre contre les virus ou le cancer. Les
travaux de Jean Dausset ont aussi eu des répercussions en
anthropologie, avec le développement d'une science nouvelle, la
génétique des populations qui tente de comprendre comment évoluent les
groupes humains, et permet de caractériser les grandes migrations de
l'humanité. Enfin, le lien entre antigènes HLA et certaines maladies
est à l'origine de la médecine « prédictive » qui peut identifier des
prédispositions d'origine génétique.
A côté d'une carrière universitaire brillante, le professeurJean
Dausset a toujours été préoccupé par l'application concrète de ses
découvertes pour les malades. Ainsi en 1969, il créé l'association
France Transplant qui a permis l'organisation du programme de
transplantation d'organes sur la base du respect des règles de
compatibilité tissulaire. C'est cet immense travail, réalisé avec un
constant souci du respect de l'éthique, que reprendra l'établissement
français des greffes à sa création en 1984, puis l'agence de la
biomédecine. De même en 1986, il crée l'association France Greffe de
Moelle, registre français de donneurs volontaires de moelle qui permet
la réalisation de greffes à partir d'un donneur non familial. Jean
Dausset a également fondé le centre d'étude du polymorphisme humain qui
contribue à l'établissement de la carte génétique et physique du génome
humain et à la localisation des gènes des maladies génétiques.
En cette année de grande cause nationale dédiée au don, il faut
rappeler son soutien constant aux actes de générosité que constituent
les dons d'organe et de moelle osseuse.
Le professeur Jean Dausset, membre de l'Académie de médecine et de
l'Académie des sciences, était aussi attentif aux conséquences des
découvertes médicales, à ce titre il s'est, en tant que président du
Mouvement universel de la responsabilité scientifique (MURS) de 1984 à
2002, prononcé contre le fait qu'un gène puisse être breveté.
Service de presse du Ministère de la Santé et des Sports