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Les rites funéraires passés.

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 L'archéologie et l'anthropologie funéraires fondent leurs recherches essentiellement sur des sources
de terrain. Retracer les rapports que les hommes entretenaient avec la mort est une partie de l'archéologie
qui nous renvoie aux habitudes culturelles d'une époque donnée. Ces habitudes changent selon l'évolution
des mentalités. D’où l’importance des études archéologiques funéraires pour retracer notre passé.


L’ANTIQUITE ROMAINE

Les romains n’avaient, jusqu’au II siècle environ, qu’un seul rite dominant : l’incinération, les restes brûlés étaient ensuite insérées dans une urne funéraire à cet usage puis enterrés.
Cette pratique funéraire tendait à remplacer l'inhumation, pratique celte du nord de la Gaule mais au second siècle l’inhumation réapparaît depuis l'Orient. La nouvelle pratique se développe dans des villes comme Lugdunum (Lyon) et c'est alors que la production des sarcophages et autres contenants s'amplifie. Les deux modes coexistent jusqu’au IVe siècle où l’inhumation prend finalement le dessus suite à l'influence chrétienne.
L'inhumation se déroulait dans une nécropole à proximité du milieu urbain mais toujours en dehors de la ville. La mort était exclue du monde des vivants au contraire du milieu rural ou les nécropoles sont souvent en relation avec un lieu d’habitation.
Les corps étaient orientés nord-sud. Les sarcophages ne sont réservés qu’aux riches familles qui utilisent le deuil pour affirmer leur richesse au travers de la décoration et la nature du matériau du sarcophage, pierre ou marbre (voir exemple en photo). Les autres se contenaient d’un cercueil de bois, au pire étaient inhumés en pleine terre c’est à dire sans aucun contenant si ce n'est un linceul.
A côté du corps, les familles déposaient des objets pour accompagner le mort dans son chemin vers l’au-delà pareillement à l’Egypte ancienne. Ainsi voit-on apparaître l’obole de Charron qui consiste à déposer une pièce de monnaie dans la bouche ou la main du mort.
Les romains avaient une vision plus positive de la mort. Outre ce dépôt on y trouvait des vêtements, de la vaisselle ou de la nourriture toujours pour accompagner le mort dans son voyage, dernière preuve de l’amour des vivants pour l’être décédé.
Le IIIe siècle est celui des invasions barbares, c’est à dire des peuples non Romains. Rome accepte leur intégration à l’empire en échange de la paix et de services militaires. L’armée romaine était ainsi composée de Germains, de Saxons ou autres qui ont amené avec eux leurs propres rites funéraires.
La religion chrétienne va tenter d'uniformiser la pratique funéraire en combattant les diversités des rites devenus païens.


La CHRISTIANISATION

Avec l'essor du christianisme, l’Eglise va se battre contre les pratiques païennes dès le VIe siècle. L’Eglise élabore des rites précis réglementant la mort, insère la séparation entre l'Enfer et le Paradis et surtout donne aux consciences le sentiment d'un accompagnement spirituel garant de la survie du défunt : répondre aux angoisses et s'occuper des morts pour mieux convertir les vivants. Mais l'évangélisation de la France ne sera achevée qu'au XIe siècle.
Les nécropoles d'origine antique sont alors peu à peu abandonnées au profit du schéma classique encore connu aujourd'hui du regroupement des corps autour de l'Eglise. Plus on est enterré près de l’autel, plus on aura droit au salut de son âme, ainsi les plus riches réservent leur place aux limites des murs de l’église, voir sous l’église même.
Les signalisations des tombes ne sont pas forcément plus marquées après le XIe siècle bien que les pierres tombales apparaissent aux XIIe-XIIIe siècles. Mais la présence d’une grande croix au centre du cimetière donne à l'espace le symbole d'un lieu de refuge dominé par la spiritualité chrétienne.
L’intérêt des reliques est de poursuivre la mémoire d'un Saint au travers de son culte et de fédérer une population autour de valeurs communes. Si la relique est précieuse et qu'on lui attribue des miracles, elle attire les fidèles en pèlerinage, celui de Saint Jacques de Compostelle en Espagne est l'un des plus connus.
La perception de la mort change dans les mentalités et certaines pratiques ne sont pas forcément des plus "chétiennes". C'est ainsi que même en milieu rural, la réalité populaire marque l'écart avec les exigences de l'Eglise.
Les hommes des époques médiévales et surtout modernes (jusqu'à la fin du XVIIIe siècle) considèrent le cimetière comme un lieu de vie. On y danse, on y joue, on s’y rencontre et on pratique parfois sur les tombes certains plaisirs de la vie.

Notre vision de la mort est bien plus douloureuse aujourd’hui

 

 
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